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PortraitOctober 27, 2026· Le Mans· by Téodor

Georges Durand : le Manceau qui a dit « Pourquoi pas 24 heures ? »

Deuxième « Portrait du Mans », et premier regard vers le passé. Fils de tisserand arrivé au Mans à vingt ans, Georges Durand a fondé l'Automobile Club de l'Ouest et lancé, il y a un siècle, la course qui fait vivre la ville chaque mois de juin.

Georges Durand : le Manceau qui a dit « Pourquoi pas 24 heures ? »

Photo : L'Auto-vélo, 16 juin 1928 (domaine public, via Wikimedia Commons)

Pourquoi ce portrait

« Portrait du Mans » raconte celles et ceux qui donnent de l'énergie à la ville. Certains l'ont fait il y a cent ans, et nous vivons encore dans ce qu'ils ont laissé. Georges Durand est de ceux-là : sans lui, pas de 24 Heures, pas de circuit, pas de juin au Mans tel que nous le connaissons.

Un fils de tisserand arrivé à vingt ans

Georges Auguste Durand naît à Fresnay-sur-Sarthe, dans une famille de tisserands aux moyens modestes. À vingt ans, il s'installe au Mans, employé au service des ponts et chaussées. Il apprend la sténographie et devient, en plus de son emploi, rédacteur sténographe du conseil municipal : il passe ses soirées à consigner les débats de la ville.

L'automobile le saisit tôt. Membre de l'Union auto-cycliste de la Sarthe dès 1897, il prend le départ d'une course Tours-Blois-Tours, que sa mécanique lui fait abandonner peu après le départ. Il devient ensuite secrétaire général d'une société de transport et administrateur de la compagnie des tramways de la Sarthe. En 1904, il participe à la naissance du syndicat d'initiative des Alpes mancelles, dont il reste vice-président jusqu'à la fin de sa vie. Faire découvrir la Sarthe, déjà.

1906 : un club et un Grand Prix

À l'automne 1905, avec trois industriels sarthois, Gustave Singher, Georges Carel et René Pellier, il monte un comité pour porter la candidature de la Sarthe au premier Grand Prix de l'Automobile Club de France. La candidature l'emporte. Le 24 janvier 1906, les statuts de l'Automobile-Club de la Sarthe sont déposés : c'est le futur Automobile Club de l'Ouest. Les 25 et 26 juin 1906, ce premier Grand Prix se court sur le circuit de la Sarthe.

Durand en devient le secrétaire général, et le restera pendant trente-deux ans, jusqu'en 1938.

« Pourquoi pas 24 heures ? »

Au Salon de l'automobile de Paris, en 1922, mandaté par le comité directeur de l'ACO, Durand rencontre Charles Faroux, journaliste et patron du journal L'Auto, et Émile Coquille, qui représente le fabricant de roues Rudge-Whitworth. Tous trois veulent une course nouvelle, qui éprouve les voitures dans la durée. Faroux imagine huit heures, dont quatre de nuit.

Le dialogue qui suit a été rapporté par Jean-Marie Lelièvre, qui présida l'ACO après lui. Durand : « Pourquoi pas 24 heures ? » Faroux : « Ce serait parfait… mais vous n'obtiendrez jamais les autorisations nécessaires. » Durand : « Qu'à cela ne tienne, j'en fais mon affaire. »

Il en fait son affaire. Son influence locale obtient les autorisations, et les 26 et 27 mai 1923, le premier Grand Prix d'endurance de 24 heures, coupe Rudge-Whitworth, s'élance sur le circuit de la Sarthe. L'ACO rappelle aujourd'hui encore que c'est l'impulsion de Durand, alliée à l'ingéniosité de Faroux, qui a façonné le sport automobile français.

Défendre aussi ceux qui roulent

Durand ne pense pas qu'aux pilotes. En 1916, il crée au sein de l'ACO une commission chargée de défendre les automobilistes devant les tribunaux de police, puis imagine une assistance juridique pour les usagers. L'idée donnera la Défense automobile et sportive, une mutuelle de protection juridique qui rejoindra plus tard le groupe MMA, toujours installé au Mans.

Chevalier de la Légion d'honneur en 1922, officier en 1931, il quitte ses fonctions en 1938 et meurt au Mans le 3 mai 1941, à 77 ans.

Ce qu'il nous laisse

Une avenue du Mans porte son nom : elle prolonge la ligne droite des Hunaudières vers le centre-ville, comme un trait d'union entre le circuit et la cité. Chaque mois de juin, des centaines de milliers de personnes convergent vers Le Mans pour une course née d'une phrase lancée dans un salon parisien. Et toute l'année, le circuit, son musée et les clubs de la ville vivent de cet élan.

Vous connaissez quelqu'un qui, aujourd'hui ou hier, a fait bouger Le Mans ? Proposez-nous son portrait, et partagez celui-ci.

Pour y aller

  • Avenue Georges-Durand, Le Mans : dans le prolongement de la ligne droite des Hunaudières
  • Circuit des 24 Heures du Mans et son musée, aux portes de la ville
  • Alpes mancelles, au nord de la Sarthe, dont il a contribué à fonder le syndicat d'initiative

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